Ceci est le premier article d’une série intitulée ‘hip hop et business’.

L’article ‘Introducing the King Of Hip Hop’, par le magazine Rolling Stone, va sûrement engendrer des débats à n’en point finir sur la toile, les lauréats de cette liste étant,pour la plupart, considérés par les ‘puristes du hip hop’ comme de moyens, voire mauvais rappeurs.

Cela est dû pour certains à des textes trop simples (Pitbull, Nicki Minaj, Gucci Mane, Waka Floka, et dans une certaine mesure Kanye West ), pour d’autres à leur propension(assumée) à surfer d’une tendance à l’autre (T.I., Diddy, Fabolous, Lupe Fiasco) ou pour le reste  à leurs choix douteux en matière d’instrumentaux (Eminem, Kid Cudi, et dans une certaine mesure  Jay Z ).

Mais voilà, au risque de  déplaire aux ‘puristes’ du hip hop,  le succès d’un rappeur ne se mesure plus en fonction du talent, mais bel et bien en fonction d’une formule objective. Au 21e siècle, le hip hop est devenu un genre musical qui a délaissé la revendication sociale et la complexité musicale et rythmique pour devenir la bande son (binaire) du capitalisme et le moyen de promotion de certains comportements antisociaux/déviants (à mon humble avis ).

Donc succès d’un rappeur égal

bonnes ventes d’album+ activité important sur les médias sociaux relative à l’artiste  + bon accueil critique et commercial .

En d’autres termes, une fois qu’on fait abstraction des états d’âme, on peut voir que le succès est mesurable de façon objective : Le nombre obtenu grâce à la formule ci dessus montre tout simplement le degré d’appréciation d’un rappeur à travers le monde .

Qu’est ce que cela à avoir avec le monde technologique ?

Je constate qu’il y a depuis quelques années un nombre important de jeunes ‘web-entrepreneurs’ , pleins d’idées et de bonne volonté. Parmi ceux ci, beaucoup prédisent leur succès en se basant sur des facteurs aussi subjectifs que ceux décrits dans le second paragraphe de ce billet . Citons, entres autres : 

  • le fait d’être mentionné à n’en point finir sur les réseaux sociaux;
  • le fait d’avoir des milliers de visites sur son site web;
  • etc.

J’ai personnellement été dans le même état d’esprit, jusqu’à ce que je réalise ceci :

être un entrepreneur, c’est sérieux. 

Nul ne peut se prévaloir de ce titre si il n’est pas capable de retirer un  bénéfice du chiffre d’affaire, ou si il n’a pas un modèle d’affaires solide. (demandez à groupon, ils en savent beaucoup sur le sujet). Pas de place pour la popularité : Ici tout est une question d’objectivité, et d’indicateurs de réussite.

Et si on est dans l’état d’esprit où on compte plus sur l’intervention providentielle d’un ‘tonton’ ou d’une ‘tantie’ que sur la capacité  être rentable à moyen terme,on est un

‘wantrepreneur’.(contraction de ‘wanna-be-entrepreneur’)

Donc, pour résumer

Entrepreneur = wantrepreneur + modèle d’affaires solide+ café (ou courage, c’est selon) 

Bon wantrepreneur = idées + volonté + modèles d’affaire

Mauvais wantrepreneur = idées + volonté + modèles d’affaire

Ceci n’est, bien sûr, que ma simple opinion.

Dans les jours à venir, je parlerais du ‘hip hop chrétien’ et je donnerais les raisons pour lesquelles il ne se vend pas.

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Jean Luc Houédanou