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Chroniques tech et pérégrinations digitales. Opinons incluses.

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Une expression que j’entends de plus en plus souvent est, et je cite, 

“Les jeunes ivoiriens ont démissionné et sont tous devenus des brouteurs ” .

Permettez moi, bien que je ne sois pas ivoirien , de souligner qu’il y a un problème fondamental avec cette façon de penser. En effet, bon nombre de ceux dont c’est devenu l’expression favorite n’ont jamais à faire face à certaines réalités.

Beaucoup ont eu la chance de naitre ou de vivre dans les quartiers huppés d’Abidjan. Une bonne partie de ces personnes a étudié dans les meilleures (ou les plus chères) écoles et universités de la place (ou de l’étranger). La plupart ont des smartphones  valant 5 à 10 fois le salaire minimum garanti par l’Etat Ivoirien . Beaucoup peuvent s’offrir le luxe d’Afterworks, de sorties en boîte ou de dîners bien arrosés dans des restaurants huppés d’Abidjan.

Bon nombre jamais eu à se faire du souci quant à leur avenir à la fin de leurs études. Ils n’ont jamais eu à faire le choix entre payer le loyer du mois ou payer la “popote” .  Bon nombre d’entre eux ne pousseront donc pas l’analyse jusqu’à essayer de comprendre pourquoi d’autres personnes qui n’ont pas eu la même chance ni les mêmes conditions de vie , emprunteront des chemins différents .

Cela ne veut pas dire que je suis entrain d’excuser les brouteurs , loin de là . Un brouteur est une nuisance, aussi bien pour son environnement immédiat que pour lui même ( certains parleraient d’une application fort concrète des lois du karma . Je suis du même avis qu’eux ). En effet, une fois son forfait accompli, les seules personnes qui bénéficient de ses largesses sont :

  1. les artistes qui propagent une sous culture , le “travaillement” - qui contrairement à ce que son nom semble indiquer, ne fait pas vraiment l’apologie du travail;
  2. les responsables de caves à vin et les tenanciers de bars – nos amis brouteurs étant friands de boissons alcoolisées (ce qui fait d’eux des candidats tout à fait indiqués pour des cirrhoses et autres maladies du foie, des intestins et/ou des reins);
  3. les vendeurs de cigarettes et de stupéfiants ;
  4. les vendeurs du black market  - qui s’approvisionnent Dieu seul sait où;
  5. et les jeunes filles de peu de vertu – ce qui résulte dans le meilleur des cas en des enfants hors mariage et dans le pire des cas, des maladies sexuellement transmissibles.

Certes, il y a bien des brouteurs qui se reconvertissent dans l’immobilier - proposant des loyers hors de prix - ou dans la vente de voitures de luxe - une hérésie lorsqu’on voit le prix des pièces de rechange de ces engins et l’état de certaines routes à Abidjan.
Bref, ces gens, comme des tomates pourries qui contaminent le reste du sac, les brouteurs n’apportent rien de bon à leur communauté et la gangrèneront .

Mais en dépit de leur caractère hautement nuisible, force est de constater qu’ils créent des émules, tout aidés qu’ils sont par ceux et celles qui se contentent de dire “de toute façon, les jeunes ivoiriens ont démissionné” .

Que faut il faire ?

La solution est toute simple.

Dans un premier temps, pour ceux qui pensent  il faut se rendre compte qu’essayer de ramener sur le droit chemin les brouteurs qui réussissent le mieux dans leurs “affaires”  est peine perdue . C’est, à mon humble avis, une perte de temps que d’essayer de les sensibiliser et de créer des collectifs anti brouteurs .
Ces jeunes gens font, pour ainsi dire, des chiffres d’affaires faramineux. Ils sont sourds à toute considération morale et autres rappels à l’ordre . La seule chose qui compte pour eux est de donner une impression de réussite sociale, quitte à voler autrui. . Il serait plus sage de laisser la PLCC s’occuper de ces individus et leur accorder toute l’attention qu’ils méritent . Dans l’état actuel des choses, ce ne sont plus des jeunes gens à sensibiliser, mais des criminels, parfois confirmés et donc à réprimer.

Ensuite, comme je l’ai écrit plus haut, il n’y a rien de plus facile que de rester dans le confort des beaux quartiers d’Abidjan, s’emmitoufler dans son savoir et crier à qui veut l’entendre que la jeunesse ivoirienne , et je cite “totalement démissionné”.  Il est peu plus compliqué de mettre à contribution le dit savoir pour montrer aux jeunes ivoiriens qui voudraient devenir brouteurs qu’il existe une alternative plus excitante et plus lucrative que le broutage.
Comme me l’a dit ce weekend l’un des meilleurs community managers de Côte d’Ivoire: “Le web est démocratique. Tout le monde peut y faire de l’argent ” . Il serait bien de montrer à ces jeunes gens qu’en devenant Community Manager, Développeur Web ou Développeur Mobile , non seulement leur curiosité et leur créativité sera mise à profit, mais qu’ils pourront gagner leur vie en conservant leur dignité et en respectant la loi.

Une de mes expressions ivoiriennes préférées est “Mettons nous au travail”.  Dans ce cas de figure, on pourrait y rajouter “Mettons nous au travail, et par la même occasion, sortons un peu de notre bulle”.

Jean Luc Houedanou

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