Il est possible, depuis avril 2011, d’acquérir un nom de domaine en .xxx. Cependant, les compagnies intéressés par ce nom de domaine sont loin d’être celles qu’on pourrait croire. Explications. 
Derrière ce nom de domaine se cache une idée simple : isoler le contenu adulte du reste du web. En effet, grâce au .xxx, il sera alors possible d’obtenir des résultats de recherche exempts de tout lien se terminant par «.xxx», donc exempts de contenu pornographique, interdits aux mineurs ou sexuellement explicites. Il sera aussi possible de configurer les accès à Internet des lieux de travail, des universités et des institutions afin de blacklister tout lien se terminant par .xxx.  
Mon avis est que ce ne sont pas les compagnies distribuant du contenu adulte qui seront les plus enclines à débourser entre entre $200 et $300 ( soit entre 99 000 et 150 000 Francs CFA) pour acquérir un nom de domaine en .xxx. Et les faits le prouvent bien : selon ICM Registry (la compagnie à l’origine des noms de domaine en .xxx), en tête de file des compagnies en pleine «ruée vers le .xxx», on retrouve des grands noms tels Mattel (les fabricants de la poupée barbie), Coca Cola et ainsi que quelques universités nord américaines de renom. La raison ? éviter qu’un ‘barbie.xxx’ (le fantasme de quelques milliers d’internautes) fasse son apparition sur Internet, et vienne sérieusement entâcher les contenus web relatifs à Mattel.
En fait, ce qu’il convient d’appeler «l’ère du .xxx» est réellement un nouvel eldorado pour les cybersquatteurs (des personnes qui enregistrent une variation du nom de domaine d’une grande compagnie pour la lui revendre à prix fort.) et les typosquatteurs (des personnes enregistrant  des noms de domaines avec des erreurs typographiques dans le but, encore une fois, de le revendre à prix fort à des grandes compagnies ). Ces derniers étaient déjà très actifs avant l’arrivée du .xxx (voir l’épisode de Google au Cameroun), et l’arrivée de ce nom de domaine ne risque pas d’arranger les choses. En termes plus clairs, si vous êtes un grand nom dans votre domaine, vous serez obligé de vous acheter un, voire plusieurs noms de domaine en .xxx, afin de ne pas placer votre e-réputation sous une épée de Damoclès. 
Qui plus est, les revenus des compagnies distribuant du contenu adulte proviennent de la vente de contenu en elle même, mais aussi du nombre de visites sur la plateforme, qui peut être utilisé à des fins publicitaires. De vous à moi, je vois mal une compagnie  basée sur le web choisir elle même de diminuer ses revenus publicitaires (ce qui est le cas en utilisant le .xxx) et surtout lorsqu’aucun texte de loi ne la force à le force.
Autrement dit, bien que parti de bonnes intentions, le .xxx va se réveler être un véritable poste de dépense inutile pour certaines entreprises, et sera boudé par son public cible. Deux raisons qui me poussent à affirmer qu’on n’en entendra plus parler d’ici à la fin 2012.

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